Ceph vs SAN en enterprise: le bon choix dépend surtout de l'équipe
J'entends souvent: "Ceph est moderne, SAN est ancien". C'est un faux débat.
En production, on ne choisit pas un slogan. On choisit un mode de panne acceptable et un niveau de complexité que l'équipe peut absorber à 3h du matin.
Ce que les tests de perf ne racontent pas
Les deux approches peuvent donner de bons chiffres en nominal. Ce qui compte, c'est le comportement en vrai:
- maintenance en charge,
- incident réseau partiel,
- montée brutale de latence,
- manque de capacité d'investigation sur un créneau critique.
C'est là que les écarts apparaissent.
Ceph: puissance réelle, discipline obligatoire
Ceph peut être excellent, mais pas "gratuit" opérationnellement.
Il faut:
- une équipe capable de diagnostiquer vite,
- une observabilité solide,
- des runbooks tenus à jour,
- un cadre de changement rigoureux.
Sans ça, la dette de complexité s'accumule silencieusement.
SAN: simplicité utile, dépendance à assumer
SAN peut rester un très bon choix quand la priorité est la prévisibilité d'exploitation.
Le compromis est connu:
- moins de flexibilité intrinsèque,
- plus de dépendance fournisseur,
- mais souvent une meilleure tenue opérationnelle avec une équipe réduite.
Ce compromis peut être parfaitement rationnel.
Ce qui doit orienter la décision
- profil réel des charges (pas seulement la moyenne),
- exigence de continuité par service,
- capacité de l'équipe actuelle, pas cible,
- obligations de gouvernance et d'audit.
Quand ces éléments sont clairs, le choix technique devient presque évident.
Position
Le meilleur stockage n'existe pas. Le meilleur stockage pour votre contexte, oui.
Si l'objectif est une production stable, il faut privilégier l'architecture que l'équipe sait opérer proprement, pas celle qui impressionne en présentation.